Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

Soumettre un complément

Gardien de la paix

René MORIN

Victime du Devoir le 24 mars 1944

Département

Hauts-de-Seine (92)

Affectation

Sécurité Publique (PP) — Sceaux

Partagez

Circonstances

Cause du décès

Assassinat, exécution ou extermination

Contexte

Guerre — Terrorisme

Le 12 décembre 1943, dans le contexte de l’Occupation allemande et d’une intense activité de la Résistance intérieure française, sur la base d’aveux probablement obtenus sous la torture, la brigade spéciale des renseignements généraux de la Préfecture de police (RG BS-PP) procédait à l’arrestation de René Morin, trente-et-un ans, gardien de la paix au commissariat de Sceaux (ex Seine).

Accusé de « complicité d’actes de francs-tireurs », il était effectivement entré dans un réseau de Résistance policier depuis 1942 (voir biographie), et avait recueilli quelques mois plus tôt deux résistants présentés sous alias comme des réfractaires au service du travail obligatoire (STO).

Il s’agissait de Henri Haudelaine, vingt-quatre ans, et André Durand, vingt-deux ans, tous deux membres d’un groupe spécial d’exécution (GSE) des francs-tireurs et partisans français (FTPF), chargé des actions militaires les plus audacieuses contre l’occupant et d’assassinats de collaborationnistes.

Morin leur remit de fausses cartes d’identité ainsi qu’un uniforme de policier ayant servi par la suite dans l’attaque d’un centre de ravitaillement à Nogent-sur-Marne. Plusieurs centaines de tickets d’alimentation avait été dérobés, et deux personnes avaient été tuées.

L’ensemble du GSE constitué avait finalement été neutralisé par les redoutables BS-PP. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand du Grand Paris le 16 mars suivant, René Morin fut passé par les armes avec cinq autres membres du GSE au Mont-Valérien le 24 mars 1944.

Biographie

Direction d'emploi

Préfecture de Police

Corps

Encadrement — Application

Type d'unité

Unité de Voie Publique — Service Général

Titres et homologations

MPF - Mort pour la France

RIF - Résistance Intérieure Française (création de mouvements et de réseaux)

Citation à l'Ordre de la Nation

Croix de la Légion d'Honneur

Né le 8 janvier 1913 à Paris (XIVe) de Théophile Morin et Marie Lamante ; époux de Colette Mermoud ; père de deux enfants ; domicilié N°86 Avenue d’Orléans à Antony (ex Seine).

D’abord ouvrier métallurgiste, René Morin entrait dans la police municipale parisienne en juin 1938, affecté au commissariat de Boulogne-Billancourt, puis à Sceaux à compter de 1942.

Il rejoignait à cette période le groupe « Valmy », mené par le brigadier Arsène Poncey et subordonné à « L’Armée Volontaire » (AV) : groupe d’action, d’aide aux prisonniers évadés, de renseignement et de passage en zone libre par la Nièvre.

C’est dans le cadre de ces activités subversives qu’il prit en charge deux réfractaires au STO au domicile de sa mère à Morangis (ex Seine-et-Oise), et leur fournit des fausses cartes d’identité, avant d’être arrêtés au terme d’une série d’actions. (voir circonstances)

Mention “Mort pour la France” ; nommé au grade de chevalier de la Légion d’Honneur ; homologué au titre de la Résistance Intérieure Française – réseau « Honneur de la Police » (dans la continuité de l’AV).

Sources et références

Le Maitron, notice éponyme — L’Oeuvre, 25 oct. 1943, p. 3/4 — Base des fusillés du Mont-Valérien — Au coeur de la Préfecture de Police, de la Résistance à la Libération (2ème partie), coordination Luc Rudolph, p.32

Laisser un témoignage

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les témoignages irrespectueux ne seront pas acceptés. Pour une demande particulière, merci d'utiliser le formulaire de contact.
Les champs marqués d'une asterisque (*) sont obligatoires.