Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Brigadier-chef de police
Raymond THIBERT
Victime du Devoir le 25 mai 1978
Département
Côte-d'Or (21)
Affectation
CRS N°40 — Plombières-lès-Dijon
Circonstances
Cause du décès
Homicide par arme à feu
Contexte
Guerre — Terrorisme
Au cours de l’après-midi du 20 mai 1978, dans le contexte du conflit israëlo-palestinien, trois terroristes munis de faux documents parvenaient à entrer dans la zone internationale de l’aérogare sud de l’aéroport d’Orly.
Porteurs de sacs remplis de grenades et de pistolets mitrailleurs, ils gagnaient la salle d’embarquement du Vol N°324 où patientaient de nombreux voyageurs à destination de Tel Aviv en Israël.
Déjà ciblée par deux attentats, cette zone faisait l’objet d’un dispositif renforcé de policiers des C.R.S., en sus de la Police Aux Frontières.
Six gardiens de la paix de la C.R.S. N°31, sous la responsabilité du brigadier-chef Paul Jean, cinquante-quatre ans, étaient chargés d’encadrer l’arrivée des passagers au sol. Trois policiers restaient sur le tarmac près de l’avion pour acheminer les nouveaux passagers.
D’autres policiers de la C.R.S. N°40 avaient pour charge de procéder à la fouille des passagers et de leurs bagages, sous la responsabilité du brigadier-chef Raymond Thibert, quarante-huit ans.
Avertis par un agent du service de sécurité israélien de la manœuvre douteuse des trois suspects, tous s’observèrent désormais d’un regard inquiet.
Les suspects se séparaient lentement, exhibèrent brusquement des pistolets mitrailleurs et engageaient une fusillade nourrie. Les deux brigadiers-chefs étaient mortellement blessés au cours des échanges de tirs.
Les policiers tiraient avec leurs armes individuelles évitant ainsi que des balles n’atteignent accidentellement des passagers ; cependant trois d’entre eux seraient blessés.
Alors que deux des terroristes étaient neutralisés, le dernier se retranchait vers les cabines de fouille d’où il expédiait de brèves rafales de pistolet mitrailleur.
Le gardien de la paix Christian Primoguet, vingt-cinq ans, après avoir vidé son chargeur, ainsi que celui qu’il a récupéré le corps de son malheureux collègue, saisissait l’arme automatique de l’un des terroristes abattus et appliquait plusieurs tirs en rafale.
Avec le concours d’un gardien de la paix de la police aux frontières, ils parvienaient à figer la situation et à neutraliser le dernier assaillant.
La détermination et le sang-froid du service d’ordre, encadré par des gradés d’une grande expérience, ont indubitablement contribué à ce que le bilan humain de cet attentat ne soit plus lourd.
L’attentat fut revendiqué par les « fils du sud Liban », groupe satellite du « front poulaire de libération de la Palestine (FLP). »
Biographie
Direction d'emploi
Compagnies Républicaines de Sécurité
Corps
Encadrement — Application
Type d'unité
Unité de l'Ordre Public — Sécurité Routière
Titres et homologations
Citation à l'Ordre de la Nation
Né le 25 janvier 1929 à Dijon (Côte-d’Or) ; époux de Jeannine Perron, père de six enfants.
Cité à l’ordre de la nation ; nommé Officier de paix au 8ème échelon à titre posthume.
Blessé très grièvement le jour de l’attentat, il succombe le 25 mai. Il repose au cimetière de Boncourt-le-Bois en Côte d’Or.
Sources et références
BODMR n° 09 du 15/08/1978
Entretien avec Michel Thibert (fils)
Journal télévisé du 20/05/1978 — JORF du 24/05/1978, page 2171
JORF du 27/05/1978, page 2199
Le Monde, article du 23/05/1978, “Une opération suicide ?”
Le Monde, article du 25/05/1978, “Félicitations israéliennes à la police française”
Le Monde, article du 27/05/1978, “L’attentat d’Orly : décès d’un deuxième C.R.S.”
Amicale des policiers CRS de Bourgogne Franche-Comté
Archives de l’assemblée nationale, questions du 12/08/1978, page 4559.
The Jewish Times du 25/05/1978, page 1, “French view Orly attack as a declaration of war”
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