Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Commissaire de police

Pierre ESCUDEY

Victime du Devoir le 06 janvier 1945

Département

Aude (11)

Affectation

Renseignements Généraux — Carcassonne

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Circonstances

Cause du décès

Assassinat, exécution ou extermination

Contexte

Guerre — Terrorisme

Le 10 janvier 1944, dans le contexte de l’Occupation allemande et d’une intense activité de la Résistance intérieure française, le commissaire principal Pierre Escudey, et son adjoint Gabriel Creupelandt, trente-trois ans tous deux, étaient mis en état d’arrestation par la police de sûreté et service de sécurité de la Shutstaffel (SS) (Sicherheitspolizei und sicherheitsdienst, SIPO-SD).

En apparence favorable au régime de Vichy, ces deux policiers affectés aux renseignements généraux (RG) de Carcassonne (Aude) agissaient secrètement dans des réseaux de Résistance, en les prévenant d’arrestations imminentes, en menant des enquêtes infructueuses et en aidant les réfracataires au service du travail obligatoire (STO). Ils furent accusés « d’intelligence avec l’ennemi ».

Ces derniers avaient été dénoncés par une dactylographe infiltrée sournoisement dans le service, laquelle était à la fois la maitresse d’un officier allemand et d’un inspecteur de police des RG.

Escudey fut interné à la prison de Montpellier (Hérault), puis transféré le 1er juin à celle de Montluc à Lyon (Rhône) où il subissait des interrogatoires sous la torture.

Il fut déporté au camp de concentration de Dachau (Allemagne nazie) le 6 septembre suivant, puis transféré à celui de Neuengamme, où il mourut le 6 janvier 1945 en tentant une évasion, sous le matricule 102418.

Creupelandt fut déporté le 7 juillet 1944 au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, puis à Vaihingen-der-Enz (Allemagne nazie). Il mourut le 21 février dans des conditions atroces sous le matricule 99078.

Biographie

Direction d'emploi

Sécurité Publique

Corps

Conception — Direction

Type d'unité

Unité d'Investigation et de Recherche

Titres et homologations

MPF - Mort pour la France

FFC - Forces Françaises Combattantes (renseignement, action et évasion)

DIR - Déporté, Interné de la Résistance

MED - Mort en Déportation

Croix de la Légion d'Honneur

Né le 24 novembre 1909 à Toulenne (Gironde) ; époux de Simone Saintespès et père d’un enfant.

Titulaire du baccalauréat et d’une licence en droit, Pierre Escudey pratiquait l’athlétisme au haut niveau. Il fut incorporé le 15 novembre 1932 au 196e régiment d’artillerie lourdre tractée (RALT) et élevé au grade de Maréchal des logis l’année suivante.

Entré dans la Police en qualité de commissaire, il fut titularisé en mars 1936 à la Grande-Combe (Gard), puis muté dans l’intérêt du service comme commissaire spécial au contrôle général de police administrative à Paris.

En novembre 1942, il fut nommé à Carcassonne au service départemental des renseignements généraux (RG) ; nommé commissaire principal en avril 1943, il en prenait la responsabilité.

Il s’engageait dans la Résistance au SR Marco Polo et noyautage des administrations publiques (NAP-Police). Le 1er octobre 1943, il devient agent du SR Gallia-Impérium.

Mention “Mort pour la France” (MPF) ; homologué au titre des forces françaises combattantes (FFC) ; statut déporté, interné de la Résistance (DIR) ; statut “Mort en Déportation” (MED) ; médaille de la Résistance (1947)

Sources et références

Site Mémoire des Hommes (MPF, FFC, DIR) — Musique et Patrimoine de Carcassonne, doc. “Espionnage et dénonciations à l’hôtel de police de Carcassonne sous l’Occupation” (2017)

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