Mémorial des policiers français Victimes du Devoir

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »

Jean d’ORMESSON

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Brigadier-chef de police

Paul JEAN

Victime du Devoir le 20 mai 1978

Département

Seine-Maritime (76)

Affectation

CRS N°31 — Rouen / Darnétal

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Circonstances

Cause du décès

Homicide par arme à feu

Contexte

Guerre — Terrorisme

Au cours de l’après-midi du 20 mai 1978, dans le contexte du conflit israëlo-palestinien, trois terroristes munis de faux documents parvenaient à entrer dans la zone internationale de l’aérogare sud de l’aéroport d’Orly.

Porteurs de sacs remplis de grenades et de pistolets mitrailleurs, ils gagnaient la salle d’embarquement du Vol N°324 où patientaient de nombreux voyageurs à destination de Tel Aviv en Israël.

Déjà ciblée par deux attentats, cette zone faisait l’objet d’un dispositif renforcé de policiers des C.R.S., en sus de la Police Aux Frontières.

Six gardiens de la paix de la C.R.S. N°31, sous la responsabilité du brigadier-chef Paul Jean, cinquante-quatre ans, étaient chargés d’encadrer l’arrivée des passagers au sol. Trois policiers restaient sur le tarmac près de l’avion pour acheminer les nouveaux passagers.

D’autres policiers de la C.R.S. N°40 avaient pour charge de procéder à la fouille des passagers et de leurs bagages, sous la responsabilité du brigadier-chef Raymond Thibert, quarante-huit ans.

Avertis par un agent du service de sécurité israélien de la manœuvre douteuse des trois suspects, tous s’observèrent désormais d’un regard inquiet.

Les suspects se séparaient lentement, exhibèrent brusquement des pistolets mitrailleurs et engageaient une fusillade nourrie. Les deux brigadiers-chefs étaient mortellement blessés au cours des échanges de tirs.

Les policiers tiraient avec leurs armes individuelles évitant ainsi que des balles n’atteignent accidentellement des passagers ; cependant trois d’entre eux seraient blessés.

Alors que deux des terroristes étaient neutralisés, le dernier se retranchait vers les cabines de fouille d’où il expédiait de brèves rafales de pistolet mitrailleur.

Le gardien de la paix Christian Primoguet, vingt-cinq ans, après avoir vidé son chargeur, ainsi que celui qu’il a récupéré le corps de son malheureux collègue, saisissait l’arme automatique de l’un des terroristes abattus et appliquait plusieurs tirs en rafale.

Avec le concours d’un gardien de la paix de la police aux frontières, ils parvienaient à figer la situation et à neutraliser le dernier assaillant.

La détermination et le sang-froid du service d’ordre, encadré par des gradés d’une grande expérience, ont indubitablement contribué à ce que le bilan humain de cet attentat ne soit plus lourd.

L’attentat fut revendiqué par les « fils du sud Liban », groupe satellite du « front poulaire de libération de la Palestine (FLP). »

Biographie

Direction d'emploi

Compagnies Républicaines de Sécurité

Corps

Encadrement — Application

Type d'unité

Unité de l'Ordre Public — Sécurité Routière

Titres et homologations

FFI - Forces Françaises de l'Intérieur (maquis, corps-francs,...)

Citation à l'Ordre de la Nation

Né le 16 novembre 1923 à Vernon (Eure) de Alexandre Éloi Jean et Victoria Émilie Bailly, gérants d’une boucherie à Aincourt (ex Seine-et-Oise) ; époux de Mireille Pointel et père de quatre enfants.

Paul Jacques Émile Jean était entré dans la Police nationale le 1er janvier 1944, dans le contexte de l’Occupation allemande, et fut affecté au groupe mobile de réserve (GMR) « Normandie ».

Il rejoignait l’été suivant les groupes de francs-tireurs constitués dans le secteur de Darnétal [3], et intégrait le mouvement de Résistance « Libération Nord » en août 1944. [4]

Après la Libération et l’épuration administrative de la Police, il fut affecté le 1er janvier 1945 à la C.R.S. N°31 de Darnétal, dans l’ex-casernement du G.M.R. Normandie, où il y effectuait toute sa carrière.

Il fut déployé avec son unité en Afrique du Nord dans le cadre du maintien de l’ordre en Algérie, pour 315 jours en quatre séjours effectués entre 1955 et 1961 ; unité cantonnée à Le Kouif – Tebessa, Marnia – Temouchent, Alger et Oran.

Cantonné à Orly dans le cadre de la sécurisation de l’aérogare sud d’Orly depuis le 28 avril, il ne lui restait que quelques mois de service avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite.

Cité à l’ordre de la nation ; nommé Officier de paix principal au 2ème échelon à titre posthume.

Sources et références

BODMR n° 09 du 15/08/1978 — Crédit photo : Yves Jean (DR) — Arch. Dép. Eure, Com. Vernon, N., acte N°1923-218 — Journal télévisé du 20/05/1978 — JORF du 24/05/1978, page 2171 — JORF du 27/05/1978, page 2199 — attestation n°644 du 06/03/1947, région A — certificat n°14863 BR FFCI/FI-N C.A.2 du 22/11/1949 – Lille — Le Monde, article du 23/05/1978, “Une opération suicide ?” — Le Monde, article du 25/05/1978, “Félicitations israéliennes à la police française” — Le Monde, article du 27/05/1978, “L’attentat d’Orly : décès d’un deuxième C.R.S.” — Amicale des policiers CRS de Bourgogne Franche-Comté — Archives de l’assemblée nationale, questions du 12/08/1978, page 4559 — The Jewish Times du 25/05/1978, page 1, “French view Orly attack as a declaration of war”

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