Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Commissaire spécial
Gaston PATEAU
Victime du Devoir le 17 janvier 1944
Département
Paris (75)
Affectation
Sûreté Nationale — Paris-Gare-de-Lyon
Circonstances
Cause du décès
Assassinat, exécution ou extermination
Contexte
Guerre — Terrorisme
Le 3 mars 1943, dans le contexte de l’Occupation allemande et d’une intense activité de la Résistance intérieure française, des agents de la brigade spéciale des renseignements généraux de la Préfecture de police (BS RG-PP) se rendaient à Villeneuve-Saint-Georges (ex Seine-et-Oise), au domicile du commissaire Gaston Pateau, trente-cinq ans, et procédaient à son arrestation.
Victime d’une trahison entrainant plusieurs autres arrestations simultanées, ce dernier était effectivement très impliqué dans des mouvements pro-gaullistes et à dominance maçonnique. (voir biographie)
Son activité suggérait de très nombreuses prises de contact réalisées clandestinement dans son bureau de police à Paris-Gare de Lyon (XIIe), où il centralisait et ventilait les renseignements à destination de Londres ou des différentes cellules de Résistance parisiennes.
Il fut incarcéré à la prison de Fresnes puis transféré au camp de Neue Bremm à Saarbrücken (Allemagne nazie), camp administrée par la police secrète du Troisième Reich (Geheime Staatspolizei, Gestapo), où se pratiquait librement la torture.
Le 16 octobre, il était déporté au camp de concentration de Mauthausen, sous le matricule 37798, et sous le protocole « Nacht und Nebel » déterminant son extermination programmée. Il mourut des suites de sévices et des conditions épouvantables de sa détention le 17 janvier 1944.
Biographie
Direction d'emploi
Sécurité Publique
Corps
Conception — Direction
Type d'unité
Unité de Gestion Opérationnelle, de Coordination ou d'Intendance
Titres et homologations
FFC - Forces Françaises Combattantes (renseignement, action et évasion)
DIR - Déporté, Interné de la Résistance
MED - Mort en Déportation
Né le 11 mars 1907 à Ruages arrondissement de Clamecy (Nièvre) de Louis Pateau et Aurélie Villard, propriétaires exploitants agricoles à Chitry-lès-Mines ; époux de Suzanne Ameille et père de deux enfants.
Gaston Louis Pateau entrait dans l’administration en qualité d’inspecteur spécial en septembre 1935, et fut affecté à titre provisoire à Paris-Gare de Lyon, au contrôle général de police administrative.
Faute de candidat militaire (emploi réservé), il fut nommé commissaire stagiaire à la circonscription de sécurité publique de Senlis (Oise) dès l’année suivante, et titularisé à ce même poste en novembre 1937.
En juin 1940, alors qu’il occupait le poste de commissaire spécial aux renseignements généraux de Paris-Gare de Lyon, relevant de la Sûreté Nationale, il oeuvra dans les premières nébuleuses de la Résistance, formées à partir de loges maçonniques de la région parisienne.
Au cours de l’hiver 1941, ces résistants s’articulèrent en un réseau plus vaste fondé par l’homme d’affaires Albert Kirchmeyer et le colonel en retraite Gustave Eychène, prenant le nom de « Liberté Égalité Fraternité » (LEF). Le commissaire Pateau était membre du comité directeur.
Les recrutements s’effectuèrent principalement dans la Police et la structure prit la forme incontournable d’un service de renseignement (SR) relié à plusieurs filières d’action et d’évasion, plus particulièrement avec « L’Armée-Volontaire » (AV).
Il de venait également le chef du SR du réseau SNCF pour la région sud-est, sous l’égide du colonel Frédéric.
Le commissaire pateau se distingua surtout avec l’exploit d’infiltrer les brigades spéciales des renseignements généraux de la Préfecture de police (BS RG-PP), desquelles il soutira des rapports et procès verbaux d’enquêtes pour prévenir des arrestations, et informer directement la France Libre à Londres.
Il fut à l’origine de la diffusion de plusieurs noms de ces policiers des BS à la BBC, et d’un tract dénonçant leurs agissements « Une brigade de tortionnaires et d’assassins », qui ne manqua pas de créer un effet de surprise, une grande nervosité et suspicion dans leurs rangs.
Les informations recueillies par le commissaire Pateau étaient transférées à son médecin de famille, René Quenouille, ex maire adjoint Villeneuve-Saint-Georges, chargé par Jean Moulin de faire la jonction avec le réseau « Front National » et la parti communiste.
Après les arrestations simultanées des chefs de réseaux se reconstituait celui de « Patriam Recuperare », homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) en 1950.
Gaston Pateau obtenait le statut posthume de “déporté, interné de la Résistance” (DIR) et fut homologué militaire des forces françaises combattantes (FFC) ; médaille de la Résistance (1947).
Son nom a été gravé dans trois lieux de Villeneuve Saint-Georges sur la plaque de l’église, sur le Monument aux Morts de la ville, et sur la stèle commémorative du cimetière communal, ainsi qu’à Chiry-les-Mines dans la Nièvre sur le Monument aux Morts et sur la plaque commémorative de l’église.
Sources et références
Site Mémoire des Hommes (DIR, MED, FFC) — Le Maitron, document éponyme rédigé par Daniel Grason — L’Agent Jacques Duclos. Histoire de l’appareil secret du Parti communiste français (1920-1975) — Les Amis de la Fondation de la Résistance, document numérique traitant de l’inspecteur Marcel Quillent — “Liquider les traitres” de Jean-Marc Berlière (2007) — “Vichy et la Justice” de Jacques Duret (2025)
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