Mémorial des policiers français Victimes du Devoir
« Il y a quelque chose de plus fort que la mort,
c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. »
Jean d’ORMESSON
Gardien de la paix
Arsène SEGUIN
Victime du Devoir le 02 juillet 1917
Département
Paris (75)
Affectation
Police Municipale (PP) — Paris 19ème
Circonstances
Cause du décès
Homicide par arme à feu
Contexte
Interpellation(s) d'individu(s)
Tard dans la soirée du samedi 1er Juillet 1917, des policiers en bourgeois surveillaient les abords immédiats de la Gare du Nord à Paris, consécutivement au signalement de bandes de rôdeurs prolifiques.
Profitant du tumulte provoqué par les incessants départs et retours de soldats du front, ces gredins détroussaient de leurs soldes ou de leurs objets personnels de valeur les poilus épuisés dormant à même les quais.
Dans la Rue Guy-Patin, les agents avisèrent deux individus à l’oeuvre, dont Gustave Mesnard, vingt-et-un ans, identifié comme déserteur du 3ème régiment de zouaves, recherché par l’autorité militaire.
Ils prenaient aussitôt la fuite en direction du boulevard Rochechouart et s’engouffraient dans un bar attenant à un hôtel d’où ils furent aussitôt rejetés par le tenancier. Le remue-ménage attira la foule.
L’homme en civil parvint à s’éclipser, mais le soldat fut appréhendé par des policiers en tenues d’uniforme à l’angle formé par les rues Bervic et Boissieu où le drame allait se jouer.
La foule hostile prit le parti du soldat et s’opposèrent aux policiers. Profitant de la bousculade, Mesnard exhiba un browning et tira à plusieurs reprises sur ses poursuivants. Le gardien de la paix Arsène Seguin, trente-trois ans, fut frappé à bout touchant par deux projectiles à l’épigastre ; son collègue fut blessé au bras droit. Deux libérateurs ayant pris le parti du malfaiteur furent également blessés par balles.
Alors que Mesnard était sur le point d’être saisi à nouveau, il se fit justice lui-même, et se tira la dernière balle de son pistolet dans la bouche.
M. Hudelo, préfet de police, visitait les blessés à l’hôpital Lariboisière et leur remit à chacun la médaille pour acte de courage et de dévouement ; Vermeil pour l’agent Binant, Or pour l’agent Seguin. Ce dernier succomba le lendemain matin.
Biographie
Direction d'emploi
Préfecture de Police
Corps
Encadrement — Application
Type d'unité
Unité de Voie Publique — Service Général
Titres et homologations
Citation à l'Ordre de la Nation
Né le 29 octobre 1883 à Armeau (Yonne) de Armand Séguin et Clémence Gaujard ; époux de Marie Poitrat, père d’un enfant ; domiciliés n°71 bis rue Philippe-de-Girard à Paris (XIXe).
Incorporé au 17e bataillon de chasseurs à pied de 1904 à 1907 et libéré de obligations militaires avec le grade de chasseur de 2ème classe. Réengagé pour trois au régiment de sapeurs-pompiers de Brienne-Rambervillers.
Entré dans l’administration le 14 mars 1914 comme gardien de la paix du 19e arrdt de Paris, il fut exempté du front mais mourut en service, victime du devoir. Sa fiche militaire comporte de fait la mention “Non mort pour la France”
Sources et références
Crédit photo : Arch. PP SMAC, série KC ; restaurée via myheritage.fr — Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris du 17/07/1917 — Registre des matricules militaires, archives départementales de l’Yonne Le Temps du 20/07/1917, “L’assassinat de l’agent Seguin” Le Petit Journal du 04/07/1917, “L’épuration des gares, nouvelles judiciaires”Le Petit Journal du 02/07/1917, “Bagarre boulevard Barbès”
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